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Vu sur la liste ASR

Publié le jeudi 16 juin 2016, par Hervé Ballans

Vu sur la liste asr@ : Durée de vie des SSD, Btrfs, DELL OME et chiffrement HP...

1) Est il préférable d’utiliser des disques SSD pour un serveur de base de données ?
Message original, uniquement pour les abonnés à la liste

Cette question a animé la liste en mai 2016. La réponse n’est pas si évidente car plusieurs facteurs entrent en jeu. Si les performances dépassent de loin celles des disques mécaniques classiques, la durée de vie d’un disque SSD dépend du nombre d’écritures sur les mémoires flash.
Le fil de discussion contenait plusieurs acronymes en rapport avec les disques SSD que nous vous proposons de définir ici.

La première caractéristique technique à prendre en compte lors de l’achat d’un disque SSD est son niveau de performances en lecture/écriture (débit). Le choix du type de mémoire devrait permettre d’optimiser le ratio performance / coût.
Les 2 principaux types de mémoire sont connus sous les noms de MLC et SLC :
MLC : Multi Level Cell, où les cellules stockent plusieurs bits. Cette technologie permet de diminuer fortement le coût de fabrication mais dégrade les performances. Ces SSD dits « grand public » peuvent être utilisés sur des serveurs dont le besoin est principalement des accès en lecture.
SLC : Single Level Cell, où chaque cellule stocke un seul bit. Ces SSD, dits « entreprise », valent beaucoup plus chers que les MLC, mais sont beaucoup plus performants et sont à favoriser pour des besoins importants en lecture/écriture.

Une autre caractéristique technique importante concerne la durée de vie des disques SSD, c’est à dire le nombre possible de données que l’on peut écrire dessus (endurance).
Lors de cet échange sur la liste, Sylvain Maurin nous donne des pistes pour mieux comprendre ce qui se cache derrière les chiffres constructeurs et évoque les notions de MTBF, DWPD et MTTDL.
MTBF : Mean Time Between Failures, durée moyenne entre pannes, soit, pour vulgariser, la durée de vie du disque dur (exprimé en nombre d’heures de fonctionnement). Cet indicateur est fourni par le fabricant du disque, la valeur reste théorique et non scientifique.
DWPD : Diskful Writes Per Day, soit le nombre de fois où on peut écrire la totalité du disque en une journée (ordre de grandeur : 3 à 5). C’est l’endurance des disques, qui est donnée par le constructeur. Pour passer de DWPD à une capacité en Po, il est d’usage de considérer en moyenne 5 années de fonctionnement. Par exemple, pour un disque SSD Intel DC3710 de capacité 100Go, avec un DPWD annoncé de 10, on obtient ainsi une capacité d’écriture de 1,4Po.
MTTDL : Mean Time To Data Loss, durée de vie en années avant une panne dans des configurations de redondance (RAID 1, 4, 5,…)

L’échange a également permis de mentionner quelques pointeurs, comme ce lien vers un outil pour calculer l’endurance des disques SSD Intel :
http://estimator.intel.com/ssdendurance

Ou encore des pages permettant d’évaluer les taux d’erreurs des systèmes RAID (MTTDL) :
http://wintelguy.com/raidmttdl.pl
http://www.servethehome.com/raid-calculator/raid-reliability-calculator-simple-mttdl-model/

A noter que si vous achetez des disques SSD pour vos serveurs, et selon le degré de criticité du serveur, il peut être utile d’étendre la garantie standard sur ces disques afin de remplacer rapidement les disques défectueux (car cela arrivera !..)

 

2) Un thread sur le système de fichier Btrfs

Le premier message "Btrfs, le Graal des FS ?" était le suivant : https://listes.services.cnrs.fr/wws/arc/asr/2016-03/msg00229.html

La discussion, dont l’intérêt initial tournait vers la fonctionnalité de snapshot, a finalement assez vite tourné sur le système de fichiers ZFS, beaucoup plus mûr ("Btrfs n’est pas encore sec", le projet a été lancé en 2007).
Dans tous les cas, pour avoir les fonctionnalités d’un systèmes de fichiers Btrfs, il est impératif d’utiliser des versions récentes des logiciels, qui corrigent les bugs, et implémentent de nouvelles fonctionnalités.

 

3) Comment gérer efficacement ses serveurs DELL à distance ?

Dans le cadre du marché national MATINFO3, dont le titulaire du lot 4 "Solutions d’infrastructures et services associés" est DELL, nous sommes très nombreux dans notre communauté ASR à utiliser des serveurs DELL.
Ces serveurs, une fois installés et opérationnels, devront subir des mises à jours firmware mais également être surveillés et audités en cas de panne. Lorsque le nombre de serveurs devient important (notamment dans le cadre de cluster de calcul), ces opérations peuvent très vite s’avérer compliquées si l’on ne dispose pas des bons outils. De même, si les serveurs sont dans des locaux distants, il est intéressant de disposer d’un outil de gestion centralisé.
DELL propose des outils puissants pour administrer et gérer de manière centralisée l’ensemble des serveurs de son infrastructure en communiquant avec leur carte IDRAC.
Pour les serveurs de génération 12 et 13, cette gestion est assurée par le logiciel OME (Open Manage Essentials). En complément, DSA (DELL Support Assist) permet de détecter et d’alerter de manière proactive les pannes matérielles.

Suite aux déploiements et aux nombreux tests effectués sur ces outils, Joël Marchand a partagé sur la liste des documents qu’il a rédigés sur OME et DSA, contenant une synthèse sur ces outils, de nombreux pointeurs, ainsi que des lignes de commande qui facilitent l’administration de ces serveurs. Ces documents ont notamment fait l’objet d’une présentation lors des journées Mathrice de 2016 et sont accessibles sur le lien suivant : https://goo.gl/GMvqNd

A noter qu’il est important de mettre ses serveurs à jour, car c’est une condition qui peut être requise dans certains cas pour bénéficier du support matériel chez DELL.

Pour information, les réseaux de métiers régionaux ASR, avec le support de RESINFO, proposent une journée de formation aux outils OME/DSA sous forme d’atelier pratique.
Voir ici : https://resinfo.org/spip.php?article111

 

4) Aïe, mon portable HP chiffré ne démarre plus ?!..

Les discussions autour du chiffrement matériel de disque SED sur HP ont été nombreuses (chiffrement activé sous Windows par la suite HP Client Security).
Notamment, le problème de démarrage BCD a été évoqué à plusieurs reprises.

Il est à noter que l’utilitaire WinMagic (LiveCD) permet de résoudre les principaux problèmes de démarrage sur les portables HP avec disque autochiffrant.

Au vu des problèmes de ce type rencontrés sur les portables HP, certains sur la liste se demandent s’il n’est pas préférable d’utiliser le chiffrement de surface logiciel plutôt que le chiffrement matériel sur disque SED. D’autant plus qu’aujourd’hui, chaque système d’exploitation propose sa propre solution native (BitLocker pour Windows 8/10, Filevault2 pour MacOS X et dm-crypt/LUKS pour Linux).

Dans tous les cas, et quelque soit la solution de chiffrement adoptée, nous rappelons qu’il est primordial de maîtriser sa politique de recouvrement des clés.