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Interview La MITI et la Plateforme des Réseaux

Publié le vendredi 21 juin 2019, mis à jour le mercredi 26 juin 2019

Interview La MITI et la plateforme des réseaux

Stéphane Blanc, directeur de la Mission pour les Initiatives Transverses et Interdisciplinaires
Catherine Clerc, responsable de la Plateforme des Réseaux

Pourquoi la Mission pour l’Interdisciplinarité (MI) devient la Mission pour les Initiatives Transverses et Interdisciplinaires (MITI) ?

Depuis sa création, la MI avait pour objectif de réaliser un travail de prospective / veille scientifique sur des questions fondamentales et des défis sociétaux requérant des approches interdisciplinaires. Concrètement son rôle impliquait la mise en œuvre de cette interdisciplinarité et son accompagnement dans les laboratoires, en lien avec les instituts du CNRS et les autres établissements de recherche, à travers le financement de projet de recherche.
Depuis 2017 la MI s’est vue confiée des programmes transverses au CNRS comme MOMENTUM. Ce programme piloté par le comité de direction du CNRS et opéré par la MI soutient en effet des thématiques transverses à l’établissement, c’est-à-dire pouvant intéresser plusieurs Instituts, mais ne nécessitant pas nécessairement des approches interdisciplinaires. Par ailleurs dans le cadre des programmes prioritaires de recherche du MESRI, la MI s’est vue confier la gestion du programme Make Our Planet Great Again à l’initiative du Président de la République et ce au titre de l’ensemble des établissements français de recherche. Ce changement dans la typologie des programmes gérés par la MI a justifié pour des questions de visibilité le passage de Mission pour l’interdisciplinarité en mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires.

Quelles sont les prospectives de la MITI ?

Par son mode de fonctionnement et avec l’appui de son comité de pilotage, la MITI réalise de facto en permanence des prospectives scientifiques qui lui permettent chaque année de renouveler les thématiques qu’elle souhaite financer à travers différents AAP. Ce travail de prospectives est bottom/up. Il repose sur la connaissance incroyable qu’on les DAS du comité de pilotage des champs scientifiques en émergence dans leur laboratoire. Il convient de noter que lorsque l’ensemble des instituts ne sont pas persuadés de la pertinence d’une thématique donnée, la MITI organise des colloques prospectifs réunissant les équipes qui portent au niveau national les expertises requises. A l’issu de ces colloques c’est la réponse de la communauté scientifique appréciée par le comité de pilotage qui détermine la pertinence d’ouvrir un AAP.

Quelle est la vision de la MITI pour la Plateforme des Réseaux (PR) ?

On dénombre plus de 90 réseaux nationaux de compétences au CNRS ; une majorité d’entre eux ont un thème central spécifique à un institut ou direction et relèvent alors de leur pilotage. Cependant une vingtaine de ces réseaux nationaux concernent des populations d’horizons disciplinaires multiples. Ils s’organisent autour d’un objet, métier ou technologique, transverse à l’organisme, et initient des réflexions techniques qui bénéficient de la pluridisciplinarité de leur population. Pour ces réseaux véritablement transverses à l’établissement, un pilotage concerté et regroupé est nécessaire pour mettre en avant et valoriser au niveau de l’établissement et de ses partenaires les compétences indiscutables que l’on retrouve dans la Plateforme des Réseaux. La PR regroupe un nombre incroyable de compétences mêlant des approches technologiques et recherche que l’on ne retrouve nul par ailleurs, même dans les autres établissements de recherche qui d’ailleurs rejoignent peu ou prou la PR. Cela confère une visibilité exceptionnelle des expertises et compétences technologiques du CNRS que la MITI a la responsabilité de soutenir, pérenniser et développer. C’est le travail qu’assure Catherine Clerc au sein de la mission.

Quelles sont les missions de la plateforme des réseaux de la MITI ?

Ses missions sont clairement établies :
· Organiser un cadre partagé et transparent de fonctionnement
· Soutenir les réseaux dans leur fonctionnement
· Assurer la visibilité et lisibilité de l’action des réseaux
· Réaliser une animation thématique, soutenir et impulser des réflexions transverses

Point central de référencement, la plateforme assure la visibilité et la lisibilité de ses réseaux auprès de la direction du CNRS, mais aussi à l’extérieur de l’organisme car elle offre un point unique de contact pour les partenaires.
Du point de vue des réseaux eux-mêmes, l’existence d’une plateforme représente un réel bénéfice car on constate que leur proximité au sein de la plateforme est vecteur important de synergies et de collaborations ce qui se traduit par un nombre croissant de travaux et de réalisations menés en commun.
Cela rejoint une réalité de fait, celle des bénéfices de l’intelligence collective dans un contexte professionnel où les compétences se croisent de plus en plus.

Comment est organisée la plateforme ?

La PR coordonne, en lien avec les directions, le soutien au fonctionnement offert aux 22 réseaux nationaux référencés.
Les organes de décisions sont le comité de suivi des réseaux qui prépare les propositions d’arbitrage budgétaires et de formations, et le Copil de la MITI. qui assume les arbitrages finaux ainsi que les prises de décision lors des évaluations de ces réseaux.
Le comité de suivi est constitué de représentants des instituts et directions fonctionnelles correspondant aux champs de compétences des réseaux.

Afin de soutenir les réseaux dans leur fonctionnement, des GT inter-réseaux de fonctionnement ont été initiés par la PR tels que :
· GT formation : comment introduire les nouvelles TICE pour étendre le potentiel d’actions des réseaux. La réflexion de ce GT s’est construite autour de Rex des expériences innovantes déjà en œuvre dans certains réseaux
· GT e-outils : il s’agit de proposer de nouveaux outils informatiques au bénéfice des réseaux, notamment un travail de définition d’un kit Web-réseau est en cours à partir du Kit Worpress_Labo. On accompagne la mise en œuvre des services Mycore par réseaux. Enfin, dernier exemple, grâce aux tests faits par Resinfo, des bornes EduRoad sont maintenant accessibles aux réseaux.
· GT articulation national/régional : aider les réseaux à optimiser leur fonctionnement avec les antennes en région.

Les moyens humains de fonctionnement de la PR sont, outre la coordinatrice de la plateforme, une gestionnaire, un temps partagé de support informatique, et depuis peu, une chargée de mission à temps partiel, Sophie Nicoud, en charge des nouveaux outils informatiques mis à disposition des réseaux.
Sophie est par ailleurs coordinatrice de Resinfo.

Quelles sont les évolutions attendues ?

Les réseaux suivent un cycle de vie qui fait que certains d’entre eux arrêtent de fonctionner, ayant mené leur projet à terme, ou ayant évolué vers d’autres types de structures (GDR, GDS…etc…). Cela laisse envisager l’accueil de nouveaux réseaux, la plateforme est d’ailleurs régulièrement sollicitée par des porteurs potentiels.
Il convient donc d’établir un processus d’évaluation entrante. Cette dynamique serait des plus intéressante car elle permettrait d’accueillir de nouvelles techniques/compétences/métiers, complémentaires à ceux déjà représenter à la PR, enrichissant ainsi les capacités de synergie collaboratives sur des sujets techniques en émergence.

Comment sont financées ses actions ?

Chaque année, les réseaux organisent entre 30 et 40 Actions Nationales de Formation (ANF), dont le commanditaire est la MITI. S’organisant en terme de formation permanente, elles bénéficient du soutien financier et organisationnel du SFIP-DRH.
En complément, la MITI attribue un budget annuel de 300 k€/an à la plateforme permettant aux réseaux d’augmenter leur périmètre de réalisations au-delà des ANF.
A noter que cette année, la direction de la MITI a marqué un soutien particulier à la PR, en augmentant son budget de fonctionnement de base de près de 50 k€ et en lui réservant en sus un budget complémentaire pour assurer la bonne tenue des journées des réseaux « R2T2 » qui devraient se dérouler les 18 et 19 septembre prochains.

Mais si on parle chiffre, alors il faut aussi indiquer le bilan annuel impressionnant des réseaux, qui justifie pleinement ces soutiens :
Par an, les réseaux réalisent une trentaine d’ANF, une soixantaine de journées thématiques ou ateliers techniques nationaux, et forment ainsi plus de 3000 agents.
Ils éditent chaque année plusieurs guides méthodologiques, métiers, ouvrages techniques et tutoriels.

On constate aussi qu’Ils sont de plus en plus sollicités par les directions / instituts pour leur connaissances intimes de leurs techniques ou métiers dans l’environnement de l’organisme et du MESRI. Et au-delà de l’organisme, un nombre croissant de structures équivalentes, nationales ou européennes se rapprochent actuellement de ces réseaux dans une démarche collaborative.

Interview réalisée par Sophie NICOUD